comme souvent lorsque le diagnostic est mal établi, le reméde n'est pas adapté. La réforme es heures supplémentaires partait d'un constat erroné de la situation et ce sur au moins trois points
:
1) Cette réforme écartait de facto de son champ d'applicaton une grande partie des fonctionnaires d'encadrement, et la plupart des cadres du privé (cadres supérieurs ou moyens). Parce que pour ces
diverses catégories, il n'est tout simplement pas possible de "faire des heures supplémentaires" qui sont déjà d'office comptées dans leur profil de poste.
2)Ces heures supplémentaires ne s'appliquaient en définitve qu'à une frange relativement faible de la population active et à des catégories liées aux tâches les plus subalternes. Ces postes sont
naturellment à un niveau d'exécution, et ils sont donc liés à l'activité de l' entreprise. Or dans ce contexte, fallait-il encore s'attacher à identifier une condition fondamentale : le niveau de
l'activité des entreprises.
3) Le véritable problème aujourd'hui est justement la croissance. Malgré tous les discours que l'on peut entendre dans tous les sens, la croissance économique n'est pas au rendez-vous. La
conéquence natuelle pour une entreprise est dès lors de réduire ses capacités de production. La plupart des chefs d'entreprise de PME-PLMI sont aujourd'hui confrontée à des réduction massive des
heures ouvrées, ce n'est donc certainement pas pour, dans le même temps, accorder des heures supplémentaires.
Il est donc bien évident que le manque de précision dans le diagnostic conduit à des résultats inattendus.
Ajoutons un point qui est peut etre encore plus grave que l'absence de diagnostic. Les Français vivent depuis plus d'une décennie une crise de confiance sérieuse avec leurs politiques. Cette crise
ne cesse de s'aggraver du fait de propos inconsidérés ou mal calculés ou montrant une bonne dose d'incompétence. La bataille sur les chiffres des heures supplémentaires ne fait que renforcer ce
sentiment de malaise, et il faut bien reconnaître que ce n'est sans doute pas le bon moment.