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Mardi 16 septembre 2008

Il y a quelques mois, lorsque les premières alertes de la crise des subprimes se sont faites sentir, nous avions, malheureusement, émis un jugement sur la poursuite du phénomène si aucune mesure radicale n’était envisagée sérieusement.

 

Dans un moment où tout le monde aimait à chanter le pur libéralisme, ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis a de quoi apporter un bémol.

 

L’histoire se répète sans fin si l’on ne sait pas en tirer les conclusions. JK Galbraith avait déjà, lors de la sortie de son dernier livre, mis en avant l’engrenage terriblement dangereux des jeux financiers dont la seule sortie était encore et toujours « plus ». Une fuite en avant qui ne peut pas se poursuivre indéfiniment.

 

En laissant périr deux des principaux fleurons du capitalisme américain, le Trésor et la Fed ont avoué leur faiblesse. Ces deux institutions montrent les limites et du libéralisme pur et surtout de la puissance économique du leader mondial de l’économie de marché. Il est à craindre que cet aveu puisse mettre en péril la confiance même des investisseurs et aussi des simples titulaires de comptes dans les grandes institutions américaines. Ce qui pourrait conduire à un véritable séisme non seulement au niveau financier, mais aussi économique.

 

Le fait que le plus grand assureur du monde AIG réclame également une aide aux pouvoirs publics comme des géants de l’industrie (Ford et General Motor) tend à démontrer la fragilité d’un système qui ne reposait plus, et depuis longtemps, que sur de simples « chiffres » ne tenant pas compte de la réalité même de la production.

 

Le plus fort n’était pas celui qui savait inventer de bons produits et bien les vendre, mais celui qui jouait constamment des fusions et acquisitions pour « gonfler » ses pseudos résultats.

 

Mais, ce jeu ne peut pas se poursuivre indéfiniment. Il arrive nécessairement un temps où il est nécessaire de faire les comptes et de constater que beaucoup d’actifs ne sont que du « papier ». Dès lors, il n’est pas facile de faire le tri.

 

La crise américaine, qui a été sans nul doute amplifiée par les aventures militaires de ces dernières années, n’est pas terminée et elle ne peut pas ne pas avoir de sérieuses conséquences sur les économies européennes, voire asiatiques.

 

La finance n’est qu’un voile, pour reprendre l’image classique de la monnaie, sur la structure de l’économie. La production et la consommation sont les seules bases de cette structure dans une organisation capitaliste. Le travail de destruction du capitalisme de production par le capitalisme financier ne pouvait, et ne peut conduire, qu’à une situation instable. Les plus belles actions boursières ne valent rien si elles ne sont pas soutenues par la réalité des machines et des hommes dont elles sont la représentation. Vouloir « transmuter » le plomb du réel en l’or du papier n’est qu’un artifice et comme tous les artifices, il y a un jour où l’on s’aperçoit que « le roi est nu…. »

Par le bleu et le rouge
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